104 km/h à Saint-Hubert. Le Saint-Laurent a déjà vu ça!

Ce mardi 17 mars, des rafales de 104 km/h ont balayé le Québec. Nos ancêtres colons connaissaient très bien ça!

HISTOIRE

3/17/20262 min read

104 km/h à Saint-Hubert ce mardi matin. Les poubelles volent, les toitures craquent, les piétons penchent à 45 degrés. La dépression qui balaie le Québec ce 17 mars 2026 impressionne, sauf que le Saint-Laurent a vu pire. Bien pire. Récit...

par AlexG Raconte

Remontez à l'été 1759. Pendant le siège de Québec, Wolfe et Montcalm ne s'affrontent pas seulement l'un l'autre. Ils affrontent aussi le temps. Les chroniques de l'époque recensent 44 jours de pluie entre juin et septembre, accompagnés de vents si violents qu'ils compliquent les manoeuvres des navires britanniques dans le fleuve. La météo, ce troisième combattant.

Vingt-cinq ans plus tard, en 1784, les habitants de la vallée laurentienne notent dans leurs journaux une succession de ce qu'ils appellent des "ouragans". Le mot désignait alors toute tempête de vent intense, pas nécessairement tropicale. Des gels, des dégels, des bourrasques répétées tout l'hiver. Les fenêtres mal calfeutrées laissaient entrer un froid à couper le souffle.

En février 1748, même histoire : les vents violents s'abattent sur la colonie au coeur de l'hiver, une saison où chaque rafale signifie du bois à rentrer d'urgence et des animaux à protéger. Et dès 1608, l'année même de la fondation de Québec, Champlain décrit l'automne comme "humide et venteux", comme si la vallée du Saint-Laurent accueillait ses premiers colons en leur montrant d'emblée de quel bois elle se chauffe.

Ce qui a changé depuis ? On mesure. En 1805, Le Canadien rapportait des expériences sur la vélocité des vents à Québec. Les observateurs de l'époque voulaient comprendre ces forces qui, chaque année, testaient la solidité des maisons, des granges et des navires au port.

Le vent du Saint-Laurent n'a pas changé de caractère pour autant. Il souffle du sud-ouest, s'engouffre dans la vallée et renverse ce qui n'est pas solidement ancré. Nos ancêtres le savaient. Ils construisaient en pierre et rentraient le bétail avant la nuit.

Ce mardi, pendant que les poubelles du quartier font leur propre virée printanière, c'est peut-être le moment de penser à eux.

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Sources :
Chronologie climatique de la vallée du Saint-Laurent (1534-1850) Document personnel A. Gagné;
Provencher, Jean — Les quatre saisons dans la vallée du Saint-Laurent (Boréal, 2010).